Beaucoup de bâtiments agricoles sont couverts de plaques ondulées en fibrociment. Avant d'y installer des panneaux solaires, une question se pose immédiatement : la toiture contient-elle de l'amiante ? La réponse conditionne toute la suite du projet. Bonne nouvelle : le solaire est souvent l'occasion de rénover une toiture vieillissante en la finançant en partie par la production.
Fibrociment et amiante : comment savoir ?
L'amiante est interdit en France depuis 1997. Une couverture en fibrociment posée avant cette date peut donc en contenir ; une couverture plus récente n'en contient normalement pas. La date de construction donne une première indication, mais seule une analyse permet de trancher.
Avant tous travaux sur un bâtiment, un repérage amiante avant travaux doit être réalisé par un opérateur qualifié. Il précise la présence et la localisation des matériaux amiantés, et conditionne la façon dont le chantier pourra se dérouler.
Pourquoi on ne pose pas de panneaux directement sur des plaques amiantées
Fixer des panneaux suppose de percer et de manipuler la couverture. Sur des plaques amiantées, ces opérations libèrent des fibres dangereuses et sont strictement encadrées. Les plaques anciennes sont en outre souvent fragilisées : elles supportent mal les charges ajoutées et les interventions répétées pour la maintenance.
En pratique, un projet solaire sur une toiture amiantée passe donc presque toujours par le retrait de l'ancienne couverture.
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Recevoir ma simulation gratuiteLa solution courante : désamianter puis refaire la couverture
Le scénario le plus fréquent se déroule en quatre temps :
- Repérage de l'amiante et diagnostic de la charpente.
- Retrait des plaques par une entreprise certifiée pour le désamiantage, avec un plan de retrait et l'élimination des déchets dans une filière agréée, tracée par un bordereau de suivi.
- Pose d'une nouvelle couverture, le plus souvent en bac acier ou en panneaux sandwich, adaptée à la fixation des panneaux.
- Installation photovoltaïque sur la toiture neuve.
Ces étapes peuvent être coordonnées dans un même projet pour limiter la durée du chantier et la gêne pour l'exploitation.
Vérifier la charpente
Les plaques de fibrociment sont relativement légères. Une nouvelle couverture équipée de panneaux et de leurs fixations représente une charge différente, qui s'ajoute à la neige et au vent. La charpente doit donc être vérifiée : dans la plupart des cas elle convient, parfois un renfort est nécessaire. Mieux vaut le savoir dès l'étude que découvrir le problème en cours de chantier.
Ce diagnostic fait partie de la visite technique, que le bâtiment soit une étable ou une stabulation ou un hangar de stockage.
Financer le désamiantage grâce à la production solaire
Le désamiantage et la réfection d'une toiture représentent un coût important, qui dépend surtout de la surface, de l'accessibilité et de l'état du bâtiment. Associé à une installation solaire, ce coût peut être en partie couvert par les revenus de la production sur la durée du contrat de vente d'électricité.
C'est pourquoi de nombreuses exploitations profitent d'un projet photovoltaïque pour régler la question d'une toiture vieillissante. La simulation doit alors intégrer l'ensemble des travaux pour donner une rentabilité réaliste, en tenant compte des aides et de la TVA réduite.
Sécurité : ne jamais marcher sur des plaques de fibrociment
Les chutes à travers des plaques de fibrociment ou des éléments translucides sont une cause d'accidents graves en milieu agricole. Les plaques anciennes peuvent céder sans prévenir. Toute intervention en toiture doit se faire avec des protections adaptées et par des professionnels équipés.